Une exposition de la National Gallery of Singapore au Centre Pompidou à Paris [en]

Du 28 février au 28 mai, en collaboration avec la National Gallery Singapore, le Centre Pompidou accueillera l’exposition de l’artiste Latiff Mohidin, « Pago Pago (1960 – 1969) », première exposition centrée sur l’art d’Asie du Sud Est à être mise à l’honneur au Centre Pompidou.

LE CENTRE POMPIDOU ACCUEILLE « LATIFF MOHIDIN. PAGO PAGO (1960 - 1969) » NOUVELLE COLLABORATION AVEC LA NATIONAL GALLERY SINGAPORE

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À l’occasion d’une nouvelle collaboration, le Centre Pompidou et la National Gallery Singapore présentent une exposition autour de l’artiste Latiff Mohidin, l’un des principaux modernistes d’Asie du Sud-Est. « Latiff Mohidin. Pago Pago (1960-1969) » constitue un prolongement du projet novateur « Reframing Modernism : Painting from Southeast Asia, Europe and Beyond », coproduit avec le Centre Pompidou et présenté à la National Gallery Singapore en 2016, regard croisé de la création moderne en Europe et en Asie du Sud-Est.

Commentant l’exposition, Serge Lasvignes, président du Centre Pompidou, a souligné : « Latiff Mohidin. Pago Pago (1960-1969) » est une preuve supplémentaire de notre volonté de nous associer à des institutions importantes aux quatre coins du globe. Notre collaboration avec la National Gallery Singapore sur « Reframing Modernism » a représenté pour nous un événement important, et a ouvert de nouvelles perspectives sur le dialogue des cultures. Cette nouvelle coopération fournit à notre public une belle occasion de voir des oeuvres majeures d’un grand artiste contemporain du Sud-Est asiatique, au coeur des collections du Centre Pompidou. »

Le Dr Eugene Tan, directeur de la National Gallery Singapore, a déclaré : « La Gallery s’est efforcée, dans sa démarche de conservation, d’engager activement des débats sur le modernisme au niveau mondial. Nous sommes ravis de poursuivre ce fructueux partenariat avec le Centre Pompidou en présentant notre première exposition itinérante sur l’art d’Asie du Sud-Est. Celle-ci met en exergue l’art de Latiff Mohidin au cours des années 1960, une décennie marquée par des changements considérables, tant dans le Sud-Est asiatique qu’en Europe. Latiff Mohidin n’est pas seulement l’un des principaux artistes d’Asie du Sud-Est, on pourrait dire qu’il est l’un des premiers de la région à avoir imaginé ’l’Asie du Sud-Est’ comme un univers esthétique distinct. Sur le plan de la conservation, la Gallery continue d’être guidée par sa mission, en favorisant une meilleure compréhension de l’art d’Asie du Sud-Est à l’échelle internationale. »

Organisée dans un espace contigu aux galeries permanentes du Centre Pompidou, cette exposition se situe dans les années 1960, à l’époque où Latiff Mohidin entreprend son étude formelle de l’art à la Hochschule für Bildende Künste de Berlin-Ouest, de 1961 à 1964.
Couvrant l’éventail allant des états émotionnels de l’expressionnisme allemand, que Latiff Mohidin découvre durant ses années de formation à Berlin, à l’imaginaire ancestral de son éducation rurale en Malaisie britannique, Pago Pago devient un mode de pensée, qui se manifeste dans une myriade de tableaux, de sculptures, d’estampes, de poèmes et d’écrits.

En 1964, Latiff Mohidin quitte l’Europe pour regagner le Sud-Est asiatique, nourrissant l’espoir de renouer avec une région qui a été reléguée dans son subconscient. Au milieu de l’expansionnisme communiste perceptible au Vietnam et des insurrections internes qui font rage en Indonésie, en Malaisie, à Singapour, aux Philippines et en Thaïlande, il demeure résolu à instaurer sa vision personnelle de la région. Si les années berlinoises portent sur l’aptitude à traduire entre les cultures, les années qui suivent soumettent une proposition différente : considérer toute chose en termes de cycles éternels. Les poèmes des années « Pago Pago » sont en vers libres, tandis que la composition des tableaux s’appuie sur des contours épais, des coups de pinceau maîtrisés, des bords irréguliers et curvilignes.

L’exposition présentera plus de 70 oeuvres d’art et documents d’archives provenant des plus grandes collections publiques et privées de Singapour et de Malaisie.
Shabbir Hussain Mustafa, conservateur en chef de la National Gallery Singapore et co-commissaire de l’exposition, ajoute : « Cette exposition retrace une période formatrice de la pratique de l’artiste dans les années 1960, tandis qu’il parcourait l’Europe et l’Asie du Sud-Est. Latiff Mohidin évoque la conscience qui émergea à l’occasion de ces voyages par une expression : ’Pago Pago’, une manière de penser et de travailler qui compliqua le modernisme occidental par l’engagement d’un dialogue avec d’autres penseurs avant-gardistes en Asie du Sud-Est.

Catherine David, directrice adjointe du Musée National d’Art Moderne du Centre Pompidou et co-commissaire de l’exposition, ajoute : « Cette exposition a pour objectif de démêler les complexités d’oeuvres clés que Latiff Mohidin a produites dans les années 1960, une décennie que l’on pourrait décrire comme une période durant laquelle l’Asie du Sud-Est s’est imposée comme un lieu central au sein du grand remaniement du modernisme. L’exposition s’achève sur la période Néo Pago Pago de 1969, une année cruciale dans la pratique de l’artiste, qui passe de la série Pago Pago (1964-68) à une production prolifique de poèmes et de textes littéraires en prose, un autre aspect encore peu étudié de sa pratique, que l’exposition tentera de cerner. »

Dernière modification : 12/03/2018

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